La Northern Soul ou l’origine de la club culture anglaise

We publish this is the original french, originally found at https://www.vice.com/fr/article/9bpzbv/northen-soul-elaine-constantine-201

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Les mecs qui prennent des drogues euphoriques dans des boîtes la nuit n’ont rien inventé – ce film vous explique pourquoi.

 

La Northern Soul a profondément influencé la club culture. À l’origine, les propriétaires de clubs anglais engageaient un groupe de jeunes gens pour une soirée et leur faisaient reprendre à moindre frais les gros tubes R&B de l’époque. C’est comme ça que la jeunesse britannique a pris le contrôle de la fête, s’est mise à louer elle-même des salles et à programmer ses propres DJs. Ils invitaient aussi leurs potes qui portaient des Brogues et des chemises de bowling, et qui accessoirement, tapaient du speed pour danser toute la nuit.

Elaine Constantine est photographe et réalisatrice, et elle a grandi au sein de la culture mod et Northern Soul. Son film Northern Soul est sorti en salles la semaine dernière ; il raconte l’histoire de deux fils d’ouvriers et de leur relation à la Soul music. Il parle aussi d’amour, de drogue et de mort. Je lui ai passé un coup de fil pour en savoir un peu plus.

VICE : Beaucoup d’éléments de ton film sont autobiographiques. Tu te rappelles de la première fois où tu es tombée sur un morceau de Northern Soul ?
Elaine Constantine :
 J’ai grandi à Bury, une ville ouvrière de la banlieue de Manchester. Je me souviens être entrée dans ce très grand club, à l’intérieur de l’hôtel de ville. Et il y avait cet album incroyable qui passait. Le son était vraiment original – démodé mais en même temps intemporel, avec beaucoup de reverb, un truc qui avait l’air de venir du fond du cœur.

Puis soudain, j’ai vu des mecs débarquer sur le dance floor ; leur look était dingue. Ils tournaient dans tous les sens, balançaient de grands high-kicks. Et chacun avait ses pas de danse. Ils dansaient chacun de leur côté, comme s’il n’y avait que la musique et rien d’autre. À l’époque, les seuls garçons qui dansaient allaient aux concerts de Status Quo, ambiance veste en jean coupée aux épaules et air guitar. Comparés à eux, ces gars avaient trop de style. Je me suis dit : « Nom de Dieu, mais qu’est-ce que c’est que cette soirée ? » Et mon cousin m’a fait : « C’est la Northern Soul. »

Elaine, à gauche, avec son mec, Rob, au début des années 1980

La chanteuse Tracey Thorn a récemment dit que la Northern Soul était un mouvement assez macho – ça correspond à ce que tu as vécu ?
Beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi je n’avais pas écrit une histoire de la Northern Soul vue depuis des personnages féminins. Le truc, c’est que je voulais être le plus proche possible de la réalité. Et la réalité, c’était surtout des mecs qui collectionnaient des disques. Tout ceux qui ont eu contribué à l’essor de cette nouvelle musique – les DJs, les organisateurs de teufs, les collectionneurs, les dealers – étaient en grande majorité des hommes. Plein de filles ont suivi le mouvement, bien sûr – mais les leaders étaient des hommes.

Tu as dit ailleurs que tu avais écris le script en te basant sur la vie de ces jeunes hommes qui savaient « trouver des vinyles, danser, et prendre de la drogue – bref, des dégénérés. » Ce sont eux qui t’ont inspirée ?
Les deux personnages principaux sont inspirés de mes aventures avec des DJs : mon mari, que j’ai rencontré plus tard – à l’âge de 30 ans – et mon premier copain, avec qui je m’étais fiancée ; celui-ci est mort aujourd’hui. J’étais folle amoureuse de lui. Tout chez lui transpirait la Northern Soul. C’était le danseur le plus dingue que tu puisses imaginer : il était beau gosse, il avait le rythme et il était très élégant.

Le personnage de Sean s’inspire de lui. La scène de baston dans le film est tirée de ma propre vie. Je me souviens de Sean en train de démonter sans prévenir trois gros bras en face de moi : Bam, Bam Bam ! Quand John dit : « Oh, je n’ai même pas eu le temps de comprendre », c’est moi, à l’époque, après la baston.

Image extraite de Northern Soul

Comment la soul music s’est-elle imposée dans le culture anglaise ? Et pourquoi penses-tu que la musique afro-américaine s’est si bien propagée dans le nord du pays ?
Les musiciens blancs des années 1960 – les Stones, notamment – se sont inspirés du blues parce qu’ils cherchaient à avoir un son plus authentique que la pop music d’époque. Et puis, la BBC ne passait pas de musique américaine. Ils avaient donc l’habitude de dégoter des sons afro-américains qui sonnaient real, proches de notre vie de jeunes prolétaires. C’est pour cela que cette musique est devenue si importante dans les années 1960. Les mods sont apparus en même temps que ce son-là. Ils écoutaient du blues, du R&B, du reggae – et ce sont leurs petits frères qui ont lancé les mouvements skinhead et suedehead. La Northern Soul est liée à tous ces mouvements antérieurs.

Et puis à Londres, l’avis du NME influençait l’intégralité de la production musicale. Les magazines promouvaient en priorité des groupes déjà très populaires. Londres était comme bloquée dans son époque. C’est pourquoi les skinheads, les suedeheads et les groupes descendants des mods ont préféré se distinguer – et pour ce faire, ont choisi la soul.

OK. Dans le film, on voit des personnages en train de faire des doigts aux fans de trad-rock.
Ah oui, on partageait un profond mépris pour tout ce qui sortait dans les charts. Notre philosophie consistait à dire : « On ne nous fera pas avaler cette merde – je veux écouter ma musique. » On était une sorte de mafia, en fait.

Un extrait du film d’Elaine Constantine, Northern Soul

Comment la Northern Soul sonnerait-elle dans les clubs d’aujourd’hui ?
Dans les années 1950, avant que la Northern Soul devienne un phénomène, la plupart des grosses teufs du samedi soir accueillaient des groupes qui reprenaient des tubes du moment, ou des DJs que les bars embauchaient pour passer de la variété – ou des valses, parfois. La Northern Soul a fait émerger pour la première fois un semblant de club culture. Les clients se sont mis à prendre en main leurs soirées, à embaucher eux-mêmes les DJs. C’est peut-être le premier exemple de ce que nous appelons de nos jours la club culture.

Dans le film, on a l’impression que ce qu’aimaient le plus les DJs, c’était de jouer des disques copiés et impossibles à identifier – les fameux « cover ups ». Tu peux m’en dire plus ?
À l’époque, les Djs et les collectionneurs allaient aux États-Unis et cherchaient des disques que personne ne connaissait. Les mecs se disaient : « OK, il n’y a que cinq copies de l’album : j’en ai déjà trois sous la main, et il y en a deux qui se baladent quelque part. » Le mec achetait les trois à disposition, collait sur le vinyle une étiquette pour cacher le titre original, et l’appelait autrement, au stylo. Ainsi, personne ne pouvait connaître le nom de l’album ; il devenait le seul propriétaire d’une chanson.

Si le disque en question sonnait bien, si la salle réagissait, elle devenait la signature du DJ : son « cover up ». Et tout le monde savait que c’était un « cover up » parce qu’il y avait un gros autocollant sur le titre original (et Dieu sait que les danseurs avaient les yeux rivés sur la table et les platines). Enfin, dès qu’un autre DJ trouvait les autres copies, la chanson était révélée au grand jour et tout le monde savait enfin le nom et l’auteur du disque inconnu.

Le trailer de Northern Soul

Espères-tu secrètement que ton film remette au goût du jour la Northern Soul ?
Eh bien, pas vraiment en réalité. J’ai juste fait ce que j’avais à faire – et ce que j’aime. Ce n’est pas à moi d’imposer quoi que ce soit à mon public. Ceci dit, j’écoutais la radio l’autre jour et j’ai entendu ce mec qui chantait I think I want to marry you. Je me suis dit : « Mec, mais pourquoi tu penses une chose pareille ? Pourquoi t’as même l’idée d’écrire une chanson si tu ne fais qu’y penser ? Fais-le, putain. »

Après, t’écoutes un morceau d’un mec comme Johnny McCaul, et c’est une autre histoire. Il y en a une qui raconte à peu près ça : I’d like to hold you tight / Like holding on to my last thread of life / Scald my hand to make me understand I need you. Tu vois ce que je veux dire – il y a des putains de morceaux avec des putains de textes à disposition et les gens préfèrent écouter cette merde de Bruno Mars. Putain « I think I want to marry you », ah ouais ? Ça t’a pris combien de temps pour accoucher de cette punchline ? Si tu ne fais qu’y penser, pourquoi t’en parles ? Pourquoi tu prends la peine d’écrire une putain de chanson ?

 

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